Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:54

Aujourd’hui j’écoute Il fait trop beau pour travailler, par les Parisiennes

 

Hello à tous ! Désolée pour ce silence de deux gros jours (ou trois ?), la conso a de nouveau eu raison de moi. Mais le gros point positif, c’est que j’ai un nouveau stage ! Youpi ! Je vais travailler en marketing sur des DVDs, bref exactement ce que je voulais. A nous deux, Paris (et Powerpoint !)

 

Bon, à part ça j’ai pas mal de choses à vous raconter. Commençons par le pas très gai : aujourd’hui, JD Salinger est mort. Cet auteur américain a écrit plusieurs nouvelles ou mini romans très réussis comme Franny et Zoey, et il a surtout écrit l’Attrape Cœurs (The Catcher in the Rye), sorti en 1951, qu’on cite souvent comme LE roman sur le mal-être adolescent. Quand je l’ai lu, j’avais quinze ans, ça aide forcément. Et pourtant, je n’ai pas plus accroché que ça la première fois. C’est quand je l’ai relu, vers 18 ans, que je suis tombée sous le charme de l’histoire d’Holden Caufield. Cet anti-héros fait partie de la jeunesse dorée américaine, en ayant toujours le sentiment d’être différent des autres. Il se fait virer de son internat privé et s’enfuit donc à New-York sans en dire un mot à ses parents. Il a de l’argent sur lui et passe donc quelques jours à errer sans but dans la ville, allant de rencontres en rencontres, s’essayant à traîner dans des bars et visitant des musées. Bref, il est paumé. Il y a beaucoup d’interprétations possibles du personnage d’Holden et de ses doutes ; celle que j’ai retrouvée le plus souvent est qu’il ne veut pas grandir, qu’il est angoissé à l’idée de devenir adulte. L’éternel ado, quoi. Mon interprétation personnelle, c’est qu’Holden a déjà grandi. Il a déjà compris pas mal de trucs, enfin ce qu’on comprend quand on « devient adulte » : que les rêves d’ados, c’est bien beau mais qu’il vaut mieux les remiser un peu au placard, ou du moins les adapter à la réalité. Que les gens se ressemblent beaucoup, finalement, dans ce qui les meut. Qu’il y a quelque chose d’artificiel et de codé dans la plupart des rapports humains, et que c’est normal, c’est ce que l’on appelle « vivre en société ». Que soi-même, parfois, on n’est pas très glorieux, assez trivial, un peu superficiel. Qu’on est comme les autres, en fait, tout en se sentant profondément différent. Tout le paradoxe de l’être humain, qui est un individu au sein d’une espèce…

 

Bon, là, je m’emporte. Voilà mon interprétation de la fugue et de l’état d’esprit d’Holden, qui apparaît donc forcément désabusé, cynique, indifférent. Mais aussi profondément empathique, doux, animé d’aucune haine ou mépris envers les autres. Il est perdu, mais pas révolté, déjà résigné. C’est ce qui me fait dire qu’il a déjà grandi, et qu’il ressent simplement le vide vertigineux que peut représenter une vie d’humain « raisonnable » qui s’étend devant nous. C’est pour ça qu’à 18 ans, je me suis sentie très proche de lui, parce que j’ai ressenti la même chose. Cela me rappelle un obscur film que j’avais vu sur Canal il y a quelques années : The Good Girl, avec Jennifer Aniston. Ce film sorti en 2003 raconte l’histoire de Justine, une jeune femme mariée et travaillant comme vendeuse dans une épicerie. Elle aussi a l’impression que sa vie ne va nulle part. Puis elle rencontre Holden Worther, interprété par Jake Gyllenhaal, qui est engagé là où elle travaille. Il s’est lui-même donné le prénom d’Holden en hommage au héros de l’Attrape-Cœurs. Il semble poursuivi par les mêmes questions existentielles, mais lui est angoissé, animé d’un esprit de lutte, il veut s’en sortir, il veut y croire, alors qu’elle est résignée, indifférente. Il la sort un peu de sa torpeur. Mais quand il lui propose de rompre réellement avec sa vie morose en s’enfuyant avec lui, elle prend peur et va tout faire pour le faire disparaître de son univers… Ce film m’a laissé un souvenir étrange, triste et apathique. Le rythme est lent, malgré les enjeux de l’histoire. Mais c’est plutôt à-propos, ça retranscrit bien le profond ennui et désespoir de l’héroïne. Bref, c’est un peu un écho du livre de Salinger.

 

Voilà donc, tout ça pour vous dire que JD est mort et que je me sens bêtement triste. Il n’avait rien publié depuis la fin des années 1960, et vivait en reclus depuis la même époque, refusant interviews, courrier d’admirateurs, et même publication de nouveaux textes ou adaptation de ses écrits au cinéma. A 91 ans, sa mort n’a rien de tragique. So long, Salinger.

 

Je pense que je vais arrêter ce post ici, je me suis étalée encore et toujours sur un sujet en particulier ! Je vais essayer de trouver un autre moment dans la journée pour vous faire part de nouvelles merveilles du Web et de mes dernières expériences cinématographiques. Have a nice day en attendant ;)

Partager cet article

Repost 0
Published by Miss Malice - dans News of the world
commenter cet article

commentaires

Mike 04/02/2010 15:47


This is just so sad.
Salinger was a visionary man.
His book was my favorite. I don't know how to get over it.
Thanks for the article anyway, he deserves your special attention ;-).


Miss Malice 08/02/2010 15:07


Hey Mike, thanks for commiserating ;)


La vie (où est le) mode d'emploi (?) 29/01/2010 22:31


Tu n'as pas perdu ton temps : tu m'as donné envie de relire le Catcher in the Rye.


Miss Malice 03/02/2010 10:46



Merci beaucoup, ça me fait plaisir! Si tu as le temps, donne-moi ton avis, il m'intéresse ;)



Présentation

  • : Les p'tits bonheurs de Miss Malice
  • Les p'tits bonheurs de Miss Malice
  • : Parce que l'ennui, vous connaissez, et que vous voulez un moyen de lutter. Parce que je ne vous laisserai pas tomber! Parce qu'avec un peu de chance, vous esquisserez un demi-sourire en parcourant ce blog. Parce que moi aussi ça m'occupe de l'écrire... Pourquoi pas?
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories